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07 juin 2018

Artifices

 

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Ce qu'en dit l'éditeur:

Avril 2013 Hôpital psychiatrique de Cadillac.
Après trois années d’internement, un tueur en série est autorisé à quitter sa cellule, sous haute surveillance, pour des sorties régulières dans le parc...

Deux ans plus tard...Forêt de Rambouillet.
Un corps est retrouvé ligoté à un arbre, sauvagement mutilé par des feux d’artifices. La violence du crime est sans précédent. L’enquête est confiée à Boris Le Guenn, commandant au 36 quai des Orfèvres. Une experte en explosifs vient l’épauler dans cette affaire.

Tandis que d’autres meurtres se succèdent sur le même mode opératoire, un inconnu s’introduit au domicile du commandant Le Guenn et se met à le harceler par téléphone. Il semble en savoir long sur lui... 

Qui peut bien lui en vouloir ?
Et si le pa/ssé de chacun était un premier indice...?

Ma cote: 8/10

Mon avis:

Je découvre "Artifices" grâce à la collaboration entre les éditions Flamant noir et les organisateurs du Challenge NetGalley, France. Un vrai plaisir! Didier FOSSEY y propose une plume légère, alerte, pointue et enracinée dans un vocabulaire parfaitement accessible à tout un chacun sans consentir la moindre facilité à une écriture nivelée par le bas.

Son personnage, le commandant le Guenn que j'avais pu suivre dans Burn Out, a pris une réelle consistance, un caractère trempé dans la vie, son quotidien et ses tracas tout en conservant cette âpre volonté de tout donner à un métier qui se doit de chercher la vérité et de permettre à la Société de juger les coupables. Et voilà bien la profondeur de ce roman "Artifices", peut-on comprendre avant de juger et condamner les coupables lorsqu'ils se rendent justice?

Ce roman est une suite de Burn Out, un précédent ouvrage? Et alors, cela n'a aucune espèce d'importance. D'une part, Didier FOSSEY, dans les premiers chapitres nous propose une mise à niveau légère mais efficace et, d'autre part, l'auteur a l'intelligence de faire tourner son récit autour d'une nouvelle équipe, ce qui innocente celui qui n'aurait pas pu découvrir Didier FOSSEY auparavant.

L'intrigue, sous contrôle de l'auteur et d'entrée de jeu, désigne le coupable mais l'enquête progresse, en crescendo, et tient le lecteur en apnée de manière addictive. Je m'en voudrais d'en dire plus mais je peux assurer que, pour ma part, commencer ce livre m'a forcé à m'y coller jusqu'à son terme! Une belle réussite, une belle invitation à suivre cet auteur et son commandant le Guenn!

Citations:

 

A propos de l'auteur: [source: babelio]

Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anticriminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.

Après avoir retrouvé des textes écrits autrefois pour le plaisir, il se lance dans l’écriture de son premier polar, "Tr@que sur le Web" publié dans une petite maison d’édition en 2010. Fort de cette expérience, il écrit un autre polar, "Ad Unum", en 2011, toujours dans la même maison d’édition. En 2014, sollicité par un nouvel éditeur, il écrit un roman d’action. Puis, en 2015, il renoue avec le polar et écrit "Burn-Out" aux Éditions Flamant Noir. Le livre rencontre un très grand succès et remporte le Prix polar 2015 du Lions club. Depuis, il ne cesse de conquérir les lecteurs ! 

Les références:

ISBN : 1093363452 
Éditeur : FLAMANT NOIR (18/06/2018)

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03 juin 2018

Un peu de recul, chère Isabel de Alexander McCall Smith

 

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Ce qu'en dit l'éditeur: [source: Maison d'édition J-C Lattes]

Isabel et son mari Jamie sont comblés par la naissance de leur deuxième enfant. Mais Charlie, qui n’a pas encore quatre ans, ne raffole pas de son  petit frère. Pire, il fait comme si Magnus n’existait pas. Isabel doit trouver le moyen d’inculquer à son fils aîné la patience et la compréhension qui l’ont guidée dans sa propre vie.
Ce sont précisément ces qualités qui ont poussé Bea Shandon, une vieille copine de lycée d’Isabel, à lui demander de l’aider à résoudre une situation délicate. Lors de son dernier dîner Bea, qui adore jouer les marieuses, a présenté une amie fortunée à un chirurgien plastique. Lorsqu’on révèle à Bea certaines informations troublantes sur ce dernier, elle craint d’avoir commis une erreur en orchestrant cette rencontre. Isabel accepte de se renseigner. Mais lorsque son enquête prend un tour inattendu, elle commence à se demander sur qui, au juste, elle devrait enquêter.

 

Ma cote: 6/10

Mon avis:

Une fois encore, merci aux éditions J-C Lattès et au challenge NetGalley, France de m'avoir donné de plonger en philosophie avec ce titre "Un peu de recul, chère Isabel". Ne m'en voulez pas de sembler vouloir déjà digresser mais, terminant ce livre, je ne peux m'empêcher de chercher à me rappeler les caractéristiques habituellement reconnues à un roman. Le roman, genre littéraire, est, je pense, essentiellement une histoire, une narration empreinte de fictions, "Un peu de recul, Isabel !" de Alexander McCALL SMITH est certainement à ranger dans ce tiroir.  Comme Isabel, l'héroïne, je souris à l'idée d'utiliser une expression telle "ranger dans le tiroir" qui est à double sens. La catégorisation littéraire est aussi juste que l'envie de faire disparaître de ma vue et d'oublier cet opus.  Mais, revenons à l'histoire. On est bien dans un roman. Les personnages nous renvoient à l'extraordinaire de leurs vies, somme toute banales. Isabel est philosophe-mécène-bénévole en épicerie-enquêtrice de moralité - et, cerises sur le gâteau, une épouse aimante et comblée par son Jamie et doublée d'un statut de mère de deux enfants, Charlie et Marcus. Si ce personnage n'est pas romanesque, où est-on ?

Le problème pour elle, c'est que les cerises sur le gâteau, c'est bien joli, mais la vie au quotidien, ce n’est pas de la tarte !  Elle doit faire face à son Charlie, l'aîné, qui n'accepte pas l'arrivée d'un petit frère, Marcus.  Dans un souci de se sentir une seule et même famille unie, l'auteur nous propose, entre autres images, la scène de la douche à quatre. Truculente surtout quand Charlie propose d'envoyer bébé Marcus dans le syphon !  Là, toute la puissance de la philosophie de la mère aura besoin d'émerger. Sortir de l'eau, de la douche, et puis quoi ?   Qu'est-ce qu'on répond à un enfant pareil ?  On prend un peu de recul ... et on patiente. C'est ça, être philosophe, non ?

Mais l'essentiel de la trame romanesque se construit autour de la capacité d'Isabel à se laisser solliciter pour prendre sur elle le fardeau des autres, les écouter, démêler le vrai du faux et foncer tout droit dans les investigations nécessaires jusqu’à douter que tout se résume à ce qui paraît. Que puisse enfin naître la vérité !

Un livre de plus dans la série "Le club des philosophes amateurs" publié chez J-C Lattès.  On rit parfois, on sourit souvent, on s'énerve quelques fois, n'en pouvant plus de suivre les digressions continuelles de l'héroïne.  Finalement, on ne croit pas trop à l'histoire, trop romanesque que pour être vraisemblable, trop de ficelles utilisées pour tenir le tout mais on se dit que le roman n'est que prétexte, que le véritable message philosophique donné, c'est cette invitation à vivre pleinement la vie, ses émotions, ses pensées, fussent-elles lourdement digressives, mais de le faire, toujours, avec le recul qui laisse au temps le temps de faire éclore la vérité. 

 

Citations:

 

A propos de l'auteur:  [ Source : Wikipédia ]

Nationalité : Royaume-Uni 
Né(e) à : Rhodésie(Zimbabwe) , le 24/08/1948
Biographie : 

Alexander (R.A.A.) « Sandy » McCall Smith, CBE, FRSE, est un écrivain et juriste d'origine écossaise.

Il devint un expert très connu de droit appliqué à la médecine et de bioéthique vers la fin du XXe siècle, et fit partie de comités britanniques et internationaux à ces sujets.

Il est toutefois surtout connu pour ses livres de fiction, notamment la série Les enquêtes de Mma Ramotswe.

McCall Smith est élevé à Bulawayo. Il déménage en Écosse pour étudier le droit à l'université d'Édimbourg, matière qu'il enseigne ensuite à l'université du Botswana. Il retourne ensuite à Édimbourg, où il est professeur de droit appliqué à la médecine à l'université.

Il est devenu professeur émérite de l'université d'Édimbourg. Il a été président du Comité d'éthique du British Medical Journal jusqu'en 2002, ainsi que vice-président de la Commission sur la génétique humaine du Royaume-Uni et membre du Comité international de bioéthique à l'UNESCO.

Il est également bassoniste amateur et cofondateur du Really Terrible Orchestra.

Adresse du site d'Axandener McCall Smith :
http://www.alexandermccallsmith.co.uk/books 

Les références:

ISBN : 2709662205 
Éditeur : J.-C. LATTÈS (30/05/2018)

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01 juin 2018

Il est grand temps de rallumer les étoiles

 

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Ce qu'en dit l'éditeur:

Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers.
Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée.
À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour.
Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire.
Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.

Anna, Chloé, Lily. Trois femmes, trois générations, trois voix qui se répondent. Une merveille d’humour, d’amour et d’humanité.

Ma cote: 8/10

Mon avis:

Merci, cette fois aux éditions Fayard et à l’équipe porteuse du Challenge NetGalley, France. C’est dans ce cadre que je redécouvre Virginie GRIMALDI. Quel plaisir !  Une lecture toute en douceur, en tendresse en d’œil à une famille décomposée où la mère trime plus que de raison pour nouer les deux bouts tout en taisant à ses filles, Chloé, 17 ans et Lily, 12 ans, les raisons de la rupture avec leur père.

Une famille où le quotidien lutte pour ne pas être mangé par la surcharge de travail, de dettes, d’empoignades entre sœurs, entre filles et mère. Une famille qui s’aime mais ne le sait plus, n’a plus le temps de le ressentir, tout le temps en rupture de communication alors que les sentiments, parfois violents, contradictoires, vexatoires ou chargés de tendresse submergent autant la mère, Anna, que ses deux filles.

Virginie GRIMALD, avec une triple écriture dont chacune se révèle aussi fluide et percutante que les autres, nous partagent les réflexions, les rêves, les interrogations, les paniques de Anna, mère dépassée mais tellement aimante, de Chloé, adolescence qui ne peut croire qu’elle puisse être aimée pour elle-même et de Lily, la cadette qui visionne la vie à travers sa naïveté et le traumatisme qu’elle a connu dans sa prime enfance. Elle est, cette Lily, particulièrement truculente lorsqu’elle se confie à son journal et utilise à bon escient mais mal à propos les expressions des grands qu’elle imite et mélange à souhait.

Chloé, plus sensible à la terrible introspection que s’impose les adolescentes se confie à son blog avec pudeur, désespérance, fou-rire et torrents de larmes comme il sied à cet âge dit ingrat. Anna, l’adulte, fera preuve d’une énorme capacité à péter un câble et à se comporter en irresponsable … ce qui stabilisera la famille, la fera grandir et la libérera dans la tendresse, la complicité, l’amour.

Au-delà du côté « feel good » de cette écriture propre à Virginie GRIMALDI, il y a une réelle invitation à se poser la question des choix essentiels à poser pour que la vie vaille la peine d’être vécue. Ici, cette réflexion est teintée d’humour, d’extravagances qui ouvrent des possibles et d’une légèreté d’écriture qui permet au poids du sens de se révéler tout au fil du roman. Un très bon moment passé en compagnie de cette famille et de tous ceux qui en sont les révélateurs !   

Citations: 

  • Maman n'a pas redémarré tout de suite. Même Lily se taisait. Mais ce silence-là était différent. Il nous réunissait. On venait de se faire mettre KO par la beauté du monde.
  • Les parents sont des funambules. On marche sur un fil tendu entre le trop et le pas assez, un colis fragile entre les mains.
  • "Il ne faut pas mettre la charrue avant de l'avoir tuée". Ou encore "J'espère que c'est vrai, sinon il faudra qu'on mette les pendules sur les i", "Elle voulait me dire que le harcèlement, c'est grave, qu'elle aussi, quand elle était au collège, elle était le bouquet mystère."
  • .

A propos de l'auteure:

Romancière à succès, Virginie Grimaldi est l’auteure de trois best-sellers, Le Premier Jour du reste de ma vie, Tu comprendras quand tu seras plus grande et Le Parfum du bonheur est plus fort sous la pluie.

 

Les références:

ISBN : 221370970X 
Éditeur : FAYARD (02/05/2018)

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27 mai 2018

La fille du ciel

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Ce qu'en dit l'éditeur:  

En amour, la fin justifie toujours les moyens

Juliette et Nate sont faits l’un pour l’autre. Il est pilote de ligne, elle est hôtesse de l’air dans la même compagnie. Les amis, la famille, le travail, Juliette sait tout de Nate – surtout grâce aux réseaux sociaux. Elle aime particulièrement son appartement, dont elle a fait faire un double des clés et où elle se rend régulièrement quand Nate n’y est pas. Et elle déteste Bella, la sœur de Nate, mais n’est-ce pas la norme dans un couple heureux que de ne pas s’entendre avec sa belle-famille ?

Nate a rompu avec Juliette six mois plus tôt, mais cela ne compte pas. Juliette ne s’appelle d’ailleurs pas vraiment Juliette, et n’est devenue hôtesse de l’air que tout récemment, pour garder un œil sur lui. Entrer dans la vie des proches de Nate, choisir les mêmes vols que lui, espionner son téléphone à distance, s’inventer une nouvelle identité : Juliette ne recule devant rien pour atteindre son but, car elle a un plan pour le récupérer, et elle ne laissera rien ni personne se mettre en travers de son chemin.

 Juliette le sait, le grand amour se mérite, il fait souffrir, mais il vaut toute la douleur du monde. Et des autres. Juliette et Nate sont faits l’un pour l’autre, même si Nate ne le sait pas encore…

 Un thriller psychologique glaçant et oppressant, et une évocation de l’obsession sans entraves, qui transforme l’amour absolu en haine pure en un instant.

SON AMOUR EST UNE OBSESSION MORTELLE

Juliette adore Nate. 
Elle le suivra partout. Elle est même devenue hôtesse de l' 
air pour sa compagnie aérienne, afin qu'elle puisse garder un œil sur lui.

Ils sont destinés à être. 
Le fait que Nate ait rompu avec elle il y a six mois ne veut rien dire. 
Parce que Juliette a un plan pour le reconquérir.

Elle est la petite amie parfaite. 
Et elle s'assurera que personne ne l'empêche d' 
obtenir exactement ce qu'elle veut.

Le vrai amour fait mal, mais Juliette sait que ça en vaut la peine ...

Ma cote: 5/10

Mon avis:

Je dois la découverte de Karen HAMILTON et de son roman « La fille du ciel » grâce à l’équipe du Challenge NetGalley, France et aux éditions Calmann-Levy et leur série Noire. Merci, bien sûr, à eux !

J’ai donc suivi l’histoire de Elisabeth-Lilly-Juliette, hôtesse de l’air dont la profession justifie le titre français de ce roman qui, à l’origine, dans sa version anglaise, avait pour « The perfect girlfriend ».

L’idée même de suivre une hôtesse de l’air pétillante d’idées, de plans sur la comète et de débrouillardise m’a donné à penser à Natacha, la célèbre hôtesse de l’air de l’ami François WALTHERY, dessinateur de BD ô combien sympathiques !  Mais le lecteur que je suis a été obligé de déchanter rapidement.  Loin, comme Natacha, de sauver la planète par son charme, ses coups de bluff, son humour et ses idées constructives et opportunes, la Juliette, Hôtesse de l’air, « fille du ciel » nous propose de la suivre dans ses pensées les plus sombres, les plus machiavéliques, les plus tordues et les plus méprisantes pour la réalité et un minimum de respect des personnes.

Il est vrai que Karen HAMILTON nous la présente comme une jeune femme qui a connu une enfance trouble, un drame familial, une adolescence mortifère sous le coup de la jalousie et d’un sentiment de rejet, le tout sur fond d’une expérience sexuelle bien trop tôt arrivée que pour être assumée. Bref, le personnage central de ce roman a tout pour attirer sur sa personne la compassion, la compréhension et le pardon de ses fautes, si tant est qu’il faille parler de fautes plutôt que de justice, même vengeresse !

Mais, là où le récit perd de sa crédibilité, c’est qu’il ne se fait l’écho que d’une seule voix, d’une seule perception de la réalité et donc qu’il s’avère rapidement bancal, redondant et sans avenir ! Comment s’identifier à un personnage aussi vil, manipulateur, un personnage qui se replie sur lui-même et s’enferme dans sa folie au service d’une cause impossible à partager ?

Le lecteur est donc contraint à se demander, tout au long des pages qui se suivent et se ressemblent, comment, diable, les choses vont-elles se terminer. Mais, là aussi, l’auteur utilise une pirouette parfaitement rôdée et lue dans d’innombrables bouquins.  La fin sera sans terme, toutes les voies restantes ouvertes à l’appréciation du lecteur qui n’en demandait pas tant.

Bref, un roman de série noire qui ne m’a pas convaincu même si, c’est vrai, il s’agit, comme l’annonce l’éditeur, d’un « thriller qui évoque une obsession sans entraves transformant, en un instant, l’amour absolu en haine pure.

 

Citations:

 

A propos de l'auteur: [source: https://www.goodreads.com/author ]

Karen Hamilton a passé son enfance en Angola, au Zimbabwe, en Belgique et en Italie et a travaillé comme hôtesse de l'air pendant de nombreuses années. Récemment diplômée de l'Académie Faber, Karen s'est maintenant enracinée dans le Hampshire pour élever sa jeune famille avec son mari. Elle satisfait son envie d'explorer le monde à travers ses écrits. L'AMIE PARFAITE est son premier roman.

The Perfect Girlfriend est mon premier roman et est maintenant disponible dans les éditions ebook , audio et hardback . C'est un thriller psychologique sur une hôtesse de l'air sociopathe, Juliette Price. Le livre est enraciné dans mon expérience de travail, mais pas autobiographique! Je me suis rendu compte très tôt dans ma carrière de voleur, que dès que j'ai changé d'uniforme, je suis devenu anonyme. Cela m'a fait réfléchir sur les identités derrière les uniformes et les personnages de travail et est devenu une idée qui m'aidera plus tard à créer mon protagoniste.

Les références:

Formats disponibles

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La femme de Dieu

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Ce qu'en dit l'éditeur:

 

Ma cote: 6/10

Mon avis:

 

Critique de théâtre, réalisatrice et productrice d'émissions, de fictions et de magazines consacrés au Théâtre, Judith Sibony disposait de tous les matériaux nécessaires à un bon roman traitant cet art de la scène et ses artistes que sont les auteurs, les metteurs en scène et les comédiens sans qui les choses ne seraient même pas ce qu'elles sont !

Et pourtant, "La femme de Dieu" ne tient pas ses promesses. Est-ce d'avoir voulu trop en faire ? Judith SIBONY décortique avec beaucoup de vérité le narcissisme des créateurs au théâtre. Tout puissant, le créateur dispose d'une telle adulation du public, de ses comédiens, des critiques que, même quand les jeux, les textes, les sujets ne sont pas aussi justes qu'ils veulent le paraître, personne n'ose souligner la faiblesse du Maître et chacun, dans son silence, reste dans sa zone de confort. La plume de Judith SIBONY dans ce registre, sans beaucoup d'humour, fait mouche.

Poussant l'analyse psychologique de ses personnages un cran au-delà, l'auteure va distiller le venin qui ronge toute personne voulant écrire et se sentant incapable d'être aussi bon que ce qu'elle lit par ailleurs. Le créateur de théâtre, plutôt que d'écrire un texte à faire jouer par ses comédiens, va, sous la patte de Judith SIBONY, mettre ces gens du spectacle en situation de provocations, de rixes, de surenchères pour savoir qui brillera le mieux et puis, sans beaucoup de scrupules, l'auteur de théâtre va voler leurs propos, leurs phrases, leurs idées pour les couler en un texte dont il aura la paternité aux yeux du public. Avec, je le reconnais, une bonne dose d'auto-dérision sur le monde du Théâtre, tout cela est très bien décrit, raconté avec des mots justes et saupoudré de la variété des états d'âmes que de telles situations suscitent. Là, encore, bravo !  

Mais, ajoutant encore une couche, Judith SIBONY va s'engouffrer dans une série de secrets, de mensonges, de demi-vérités, de fuyants et de faux-semblant pour plonger ses personnages de théâtre dans des vies privées qui relèvent tout autant, si pas plus, du factice des décors, du paraître, de la recherche éperdue de soi-même sous le couvert des faux liens et des silences lourds, lourds de conséquence. Le théâtre n'est plus une parenthèse de la vie, il n'en est que le pauvre miroir, déformant pour sauver la face. 

Et c'est là, à mon sens, que l'auteur perd quelque peu prise sur son sujet. Trop d'invraisemblances, trop de coup de théâtre, de portes ouvertes comme par enchantement sur des secrets, de portes fermées sur des coups de rage, de colère, de peur. Sans vouloir me justifier en révélant ici les ressorts qui font avancer l'histoire - ce qui serait contraire à ma vue de ce que doit être un billet d'humeur à propos de mes lectures - je n'ai pu que constater que, lecteur, je ne savais plus trop s'il me fallait suivre l'histoire du Créateur, le Dieu qui pourrait être déchu ou celle de sa maîtresse, celle de sa mère ou de son épouse qui, bien que déplacée hors de sa vie n'en reste pas moins sa femme, la femme de Dieu qui a toujours un rôle à jouer dans ses pièces et un rôle plus important encore dans la destinée de ce Dieu du spectacle. Et c'est sans même parler de l'intérêt que peut susciter un personnage attachant, la fille de ce couple qui admire ses parents, déteste tout dans la vie, porte en elle un enfant et se cherche enfin...

 Malheureusement, on atterrit dans des clichés, des artéfacts de théâtre, des situations à ne plus croire. Plus rien ne nous fait rêver.

 Ce roman sur le théâtre, ses créations, ses magouilles et le regard qu'il jette sur la vraie vie et qu'il puise en elle était l'occasion de faire éclater un feu d'artifices de réflexions. Avec le bruit gênant des pétards qui donne envie de se boucher les oreilles et le panel merveilleux des éclats de lumière qui ouvrent nos cœurs à une vie de paillettes, de rêve et de fête. Le pétard était mouillé de trop d'intentions peut-être... Là réside le problème.

Citations:

  •    

A propos de l'auteur:

Critique de théâtre et réalisatrice, Judith Sibony est notamment l’auteur de Comme des bêtes (prix du public et prix du jury au WebProgram Festival 2015). Elle collabore à la revue Théâtre(s) et tient depuis 2010 un des blogs invités du monde.fr : "Coup de théâtre". Pour France Culture, elle a produit plusieurs émissions, fictions et magazines consacrés au théâtre et à son histoire.

Les références:

ISBN : 2234085446 
Éditeur : STOCK (22/08/2018)

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26 mai 2018

Sylver water

 

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Ce qu'en dit l'éditeur:

Ce matin là, Audra Kinney avait rassemblé ses dernières forces pour fuir son mari, mis ses enfants dans la voiture, et foncé à travers les paysages accidentés de l’Arizona. Elle se sentait respirer. Enfin.

Mais, par un étrange coup du sort, elle est arrêtée par la police sur une route a priori déserte. Le coffre de la voiture est ouvert. Une cargaison de drogue qu’elle n’avait jamais vue de sa vie, découverte.

Et le cauchemar commence. Car une fois au poste, après avoir été embarquée de force, on s’étonne qu’elle mentionne la présence de ses enfants. Ils auraient disparu ?

La police, et bientôt les médias, parlent d’infanticide : c’est la parole d’Audra contre la leur… jusqu’à ce qu’un privé, Danny Lee, dont l’histoire ressemble à s’y méprendre à la sienne, se décide à forcer les portes de Silver Water.

 

Ma cote: 9/10

Mon avis:

D'entrée de jeu, un merci chaleureux aux organisateurs du Challenge NetGalley, France et aux éditions Harper Collins qui m'ont permis la découverte de ce roman.

Haylen BECK, pseudonyme de Stuart NEUVILLE, signe ici un thriller qui fait perdre la raison. Audra, une maman circulant en voiture avec ses deux enfants, Sean et Louise, se fait arrêter par la police locale sous le prétexte futile d'une voiture en surcharge. le policier décide d'immobiliser le véhicule et appelle une de ses collègues pour venir prendre en charge les enfants, les mettre en sécurité pendant qu'il règle la question de la mère qui, décidément, semble bien nerveuse lors de cette interpellation de routine...

Une fois au poste, Audra demande aux policiers des nouvelles de ses enfants. "Où sont-ils? Où sont mes enfants?" - "Quels enfants, madame? Vous étiez seule dans votre voiture" lui assènent-ils!

Et voilà le lecteur embarqué dans la noirceur du monde. La folie d'une situation d'une parole contre l'autre, l'agression perverse d'un mari narcissique, la face cachée du Dark Net et la perversité de détraqué sexuels, la force brutale des violences, des armes à feu ou des combats à mains nues qui démolissent sans laisser de traces. le lecteur est aspiré dans un monde de turbulences anxiogènes où toutes les portes de sorties sont fermées. Comment une mère peut-elle lutter contre les forces de police et le lynchage médiatique qui lui font perdre la tête le peu d'amis qu'elle avait? Une véritable horreur, une descente aux enfers. Dans cet abîme de perversité, Audra trouvera-t-elle quelqu'un capable de la croire avant qu'elle ne mette fin à ses jours?

La plume de Stuart NEUVILLE n'a plus guère à prouver son efficacité. Déjà largement primée dans le monde du polar et du thriller, elle est, ici, d'une efficacité redoutable pour tenir en haleine ses lecteurs, raconter, de manière simple et structurée, une histoire en pleine folie. le lecteur tourne une page, une deuxième et ne décroche plus! Même dans l'invraisemblance ou la 'coïncidence qui fait si bien avancer le récit", le lecteur reste en prise et avale les pages et les pages pour connaître comment cette folie atroce va se terminer. Un bon thriller qui s'enracine dans toutes les bassesses dont l'âme humaine est parfois capable et qui, heureusement, s'appuie aussi sur quelques belles personnes susceptibles d'aider. A recommander, sans modération!

Citations:

  •  Cet homme a vraiment craché sur mon tapis ? ... 
    — je suis désolée, dit Audra se tournant pour quitter la pièce.
    — Désolée ? Ne soyez pas idiote. Trop de femmes s’excuse du comportement des hommes.
  • Croyez-moi, les coups ne sont pas les seuls mauvais traitements. Votre mari est un pervers narcissique. Il vous maintient dans la dépendance à l'alcool, aux médicaments.??? Ce sont les liens avec lesquels il vous ligote.
  • Un recoin obscur de la Toile, sous la ceinture, où les pervers, les pédophiles, les fans de torture, la pire lie de l'humanité se retrouvait pour faire commerce de leurs plaisirs sordides. Le Dark Web, ils appelaient ça. Un nom fantasmagorique pour un lieu où, si pourri qu'on soit, on trouvait toujours quelqu'un de pire.

A propos de l'auteur:   [source: Editeur]

Né(e) à : Armagh, Irlande du Nord , 1972
Biographie : 

Stuart Neville est un écrivain britannique.

Il étudie la musique à l'université, puis devient professeur de guitare, vendeur d’instruments de musique et webdesigner avant de devenir auteur de romans policiers.

"Les Fantômes de Belfast" (The Twelve/The Ghosts of Belfast, 2009), son premier roman, a obtenu le Los Angeles Times Book Prize dans la catégorie roman policier/thriller en 2009, le Prix Mystère de la critique du meilleur roman étranger 2012 et le Grand Prix du roman noir étranger.

Ce premier roman sera suivi de cinq autres dont "Le silence pour toujours" (The Final Silence, 2014) et "So Say the Fallen (2016).

Stuart Neville écrit également sous le pseudonyme de Haylen Beck, nom sous lequel il a publié son roman "Silver Water" (Here and Gone, 2017).

son site : http://www.stuartneville.com/ 

Les références:

ISBN : 9791033901792 
Éditeur : HARPER COLLINS (04/04/2018)

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24 mai 2018

Un mariage anglais

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Ce qu'en dit l'éditeur: 

Ingrid a 20 ans et des projets plein la tête quand elle rencontre Gil Coleman, professeur de littérature à l’université. Faisant fi de son âge et de sa réputation de don Juan, elle l’épouse et s’installe dans sa maison en bord de mer.
Quinze ans et deux enfants plus tard, Ingrid doit faire face aux absences répétées de Gil, devenu écrivain à succès. Un soir, elle décide d’écrire ce qu’elle n’arrive plus à lui dire, puis cache sa lettre dans un livre. Ainsi commence une correspondance à sens unique où elle dévoile la vérité sur leur mariage, jusqu’à cette dernière lettre rédigée quelques heures à peine avant qu’elle ne disparaisse sans laisser de trace.

Ma cote: 10/10

Mon avis:

Avec pour titre original 'Swimming lessons', ce deuxième roman de Claire FULLER raconte la nage en eaux troubles d'une famille 'en glaise', cette terre qui ne se plaît et se façonne que lorsqu'elle est copieusement humifiée mais qui, une fois séchée, durcie, cuite donne naissance à des sculptures, des postures de vie qui en disent long sur le caractère trempé des personnages. Tous, ici, ils sont façonnés par l'âpreté de la vie, la quête des illusions perdues et la grande question de la fidélité à ses engagements.     

Gil, le professeur de littérature déchu et auteur à succès en devenir, Ingrid sa trop jeune épouse, leurs deux filles, Nan et Flora sans oublier Richard, Jonathan ou Louise, tous sont taillés par les coups de butoir d'une vie de mensonges, de faux-semblant, d'attentes et de désespérances.

Tous ont quelque chose de repoussant. Tous incarnent les erreurs de la vie. Tous sont attachants par leurs fragilités, par la violence des rôles tenus au sein de la famille, auprès des amis, au sein de leur cercle relationnel. Tous méritent des baffes pour leurs manques de clairvoyance, tous ont besoin d'un capital-sympathie pour rester debout. C'est à ces titres qu'on les aime, s'identifie partiellement à eux et qu'on nourrit des envies de corrections. Ils sont nos miroirs, nos doubles, images de nos attirances et de nos répulsions.

 Claire FULLER maîtrise une écriture qui, avec des mots simples, exprime ces tensions qui régissent le monde familial.  Elle privilégie, essentiellement, deux points de vue. Celui d'Ingrid, l'épouse et mère, qui, à son tour, un jour disparaîtra sans laisser de trace. Avant, elle écrira des lettres à Gil, son mari tout le temps absent. Elle les glissera dans les livres qui, personnages centraux du récit, occupent tous les murs de la maison, le plus souvent jusqu'au deuxième rang, parfois un troisième.  Les titres des ouvrages où sont déposées ses missives, tous réels, a toujours un sens et une pertinence à traduire les états d'âme de cette trop jeune femme délaissée. Et puis, avec le même brio, l'auteure nous partagera les points de vue des deux sœurs : Nan-Marthe et Flora-Marie. Avec des réactions bien différentes, chacune tente de trouver la place à occuper au sein d'une famille déchirée par l'absence, la négation du conjoint, la mort qui approche pour l'un, la mort incertaine de l'autre.  Une belle analyse psychologique des personnages et de leurs relations au coeur d'un mystère qui les dépasse.

J'ai vraiment aimé ce livre dont je tiens la lecture des organisateurs du Challenge NetGalley, France et de la Maison d'Edition Stock. Qu'ils soient ici vivement remerciés !

Citations:

  • Ca n'en vaut pas la peine,dit Gil. Qu'est ce qui n'en vaut pas la peine?
    De contrarier quelqu'un que tu aimes.On ne sait jamais quand on le verra pour la dernière fois
  • Tout ce qui compte dans le roman, c'est le lecteur. Sans le lecteur, le livre n'a aucun intérêt, par conséquent le lecteur est au moins aussi important que l'auteur, si ce n'est plus. Mais souvent, la seule façon de savoir ce qu'un lecteur a pensé, ce qu'il a traversé pendant la lecture, est d'observer ce qu'il a laissé derrière lui. 
  • Ecrire ne sert à rien tant que personne ne vous lit, et chaque lecteur voit quelque chose de différent dans un roman, dans un chapitre, dans une ligne. (…) Un livre ne prend vie que lorsqu’il entre en interaction avec un lecteur. Que pensez-vous qu’il se produise dans les creux, les non-dits, dans tout ce qui n’est pas écrit ? Le lecteur comble les vides avec sa propre imagination.
  • Je crois que ce n’est pas forcément bon d’avoir une imagination plus vivante et plus grande que la vie elle-même.
  • Ce que l'oeil ne voit pas et que l'esprit ignore n'existe pas.

A propos de l'auteure: [source: https://clairefuller.co.uk ]

Mon premier roman, Our Endless Numbered Days, a  été publié au Royaume-Uni par Fig Tree / Penguin, par House of Anansi au Canada et Tin House aux États-Unis, et a été vendu dans dix autres pays pour être traduit. Il a reçu le Prix ​​Desmond Elliott 2015pour ses premières œuvres de fiction et a été sélectionné pour le Prix International Dublin Literary Award en 2016. Il a également été nominé au Edinburgh First Book Award  2015 et finaliste à l'ABA (American Booksellers Association). Récompenses de livre.

Mon deuxième roman, Swimming Lessons , a été publié début 2017 par Fig Tree / Penguin au Royaume-Uni et au Commonwealth, House of Anansi au Canada, Tin House aux États-Unis, Piper en Allemagne, iatwiat Książki en Pologne , Editions Stock en France et sera publié par Citic Press en Chine, Keter en Israël et Fiftyonek (Zhan Publishing) en Corée. Il est également disponible en tant que livre audio d'Audible. Il a été présélectionné pour le Prix Encore pour les deuxièmes romans, sélectionnés par le Livre du mois aux États-Unis comme l'un de leurs livres pour décembre 2016, et a été un best-seller au Canada.

Mon troisième roman, Bitter Orange sera publié à l'été et à l'automne 2018.

Mes nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues littéraires et présélectionnées en prix. Baker, Emily et moi , a remporté le concours 2014 BBC Opening Lines ( lire ici ), et mon histoire, A Quiet Tidy Man , a remporté le prix de l'histoire de la Royal Academy et Pin Drop 2016. ( Écoutez Juliet Stevenson en train de le lire .)

Les références

ISBN : 223408329X 
Éditeur : STOCK (02/05/2018)

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20 mai 2018

Le Putain d'énorme livre du bonheur qui va tout déchirer

 

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Ce qu'en dit l'éditeur:

Note de l'éditeur

Ils recommandent !

Ma cote: 2/10

 

Mon avis: 

 

Quand on ouvre un livre comme ce « Putain d’énorme livre du bonheur qui va tout déchirer », on se doute qu’on va avoir droit au combat quotidien (plus ou moins autobiographique) d’un héros qui va en baver des baquets entiers pour, in fine, triompher de ses démons et retrouver le bonheur.  Pas vraiment besoin d’un énorme livre pour nous convaincre du courage qu’il y a à lutter pour vivre. Happy hand, clap de fin !

Alors, quel est l’intérêt d’une telle production ?  J’avoue n’avoir pas vraiment saisi la pointe du sujet ! Ce titre et ce qu’en disait l’éditeur avaient un potentiel suffisant pour m’intriguer. Or, l’intrigue dans ce livre s’est révélée totalement absente !  Intriguer suppose susciter de la curiosité, de l’intérêt… Là, par son style, son traitement des idées, le livre a tout faux ! Il est totalement passé à côté de la place qu’il pouvait gagner dans ma bibliothèque.

Tout au plus, dans son acception signifiante d’obsolète, d’entremêlement, le récit peut revendiquer un pâle aspect intrigant tant il arrive à rassembler tout – et souvent n’importe quoi - selon une linéarité aussi caduque que confuse et des personnages ubuesques où il est impossible au lecteur que je suis de se reconnaître, ni en plein, ni en creux, tant ces personnages sont caricaturaux, déjantés, futiles et, le plus souvent (pas toujours, je le concède), vidés des valeurs humaines permettant le vivre ensemble.

Cet énorme livre, même avec une qualification de Putain (avec une majuscule, svp !) n’apporte rien, si ce n’est une allégeance bien inutile à une grossièreté moderne. Cet énorme bouquin ne livre aucune élévation de l’esprit et ne reflète en rien la possible qualité des relations humaines que laissait supposer l’utilisation de quelques belles citations d’humanistes connus (Khalil Gibran, Mère Teresa, Holbrook Jackson, Albert Camus ou encore Bouddha).

Difficile de caractériser l’écriture de l’auteure. Il n’y a aucun style, juste la juxtaposition de différentes notes, relevant tantôt d’une technique épistolaire, tantôt de la rédaction d’un journal intime, de courriels, de sms. Parfois, des notes éparses, des tableaux mémo, des caricatures ou des relevés d’entretiens thérapeutiques.  Que tout cela m’est apparu brouillon, brouillon, brouillon ! Avec, en de nombreux endroits des ‘fôtes’ grosses comme des maisons pour, peut-être, sembler mieux coller à la réalité de Ottila, le personnage central de ce roman qui se bat contre ses démons, l’alcool, le sexe, les relations bancales et les amitiés toxiques et même l’amour qu’elle pourrait accueillir.

Bref, un style d’écriture qui ne m’a pas nourri … ce qui ne veut pas dire pour autant que d’autres n’y trouveront pas du sens, du courage pour vivre et des sujets de réflexions profondes. En attribuant une cote très sévère, je ne prétends pas estimer la valeur de ce Putain d’énorme livre numérique de malheur que j’aurais envie de déchirer si j’en disposais en version papier… Je prétends encore moins jauger la valeur de l’auteure, Anneliese Mackintosh. Je souligne seulement l’inadéquation du livre avec mes attentes et le vire définitivement de ma bibliothèque.

En souhaitant, sincèrement, que d’autres l’apprécient à une plus juste valeur et passent un bon moment en sa compagnie.  Merci aux organisateurs du Challenge NetGalley, France et à la maison d’édition Milady de m’avoir permis de le découvrir.

Citations:

  •  

A propos de l'auteure:  [source: https://www.anneliesemackintosh.com/ ]

Bonjour. Je suis Anneliese. Je suis né en Allemagne, mais je vis à Bristol, en Angleterre, avec mon mari, Socrates Adams , et nos chats: Cosmo, Nutmeg et Goulash. J'ai également vécu à Cornwall, Manchester, Glasgow, Nottingham, Washington DC, Berlin et San Francisco. Ils sont tous d'excellents endroits.

Parfois, les gens s'inquiètent de la façon de dire mon nom. C'est prononcé Anna-lezer. Si vous vous trompez, je ne serai pas du tout offensé. J'aime collectionner de nouveaux noms. J'aime aussi collectionner de nouveaux tatouages, des routines d'exercices étranges et des pulls à motifs.

Mes choses préférées à écrire sont: le chagrin, la sexualité, le féminisme, la santé mentale, les femmes, la dépression, les ambitions, le bonheur, la vie, les blagues qui commencent drôlement mais qui finissent par vous faire pleurer, cancer, espace, loups, maladies embarrassantes.

Bio

Le premier roman d'Anneliese Mackintosh,  So Happy It Hurts , a été publié par Jonathan Cape en 2017. Sa première collection de nouvelles,  Any Other Mouth , a été publiée par Freight Books en 2014 et a remporté le Green Carnation Prize. Il a également été présélectionné pour le prix Edge Hill, le prix du premier livre de la Saltire Society et le prix Saboteur, et a été sélectionné pour le prix Frank O'Connor International Short Story. La nouvelle d'Anneliese a été diffusée sur BBC Radio 4 et BBC Radio Scotland, et publiée dans des magazines et des anthologies comme leScotsman , Edinburgh Review et le Best British Short Stories 2013 . Anneliese détient un doctorat en création littéraire. Son site web est à  www.anneliesemackintosh.com

 

Les références:

ISBN : 2811227377 
Éditeur : Bragelonne sous le label MILADY (16/05/2018)
Note: La collection Milady a été créée en 2008 par les éditions Bragelonne en référence à Milady de Winter, personnage du roman Les Trois Mousquetaires. Milady est à l'origine la collection de poche de Bragelonne, conçue pour étendre l’offre de genres (fantasy, science-fiction, horreur, bit lit) mais s'impose progressivement comme un éditeur à part entière avec la publication d'inédits.

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18 mai 2018

Un manoir en Cornouailles

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Ce qu'en dit l'éditeur:

Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l’été. Le temps semble s’y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu’au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais.
Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d’y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l’appelle et l’attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ?
Eve Chase nous entraîne dans une passionnante spirale unissant deux femmes séparées par les années, mais que la force de l’amour et le poids des secrets réunissent en une seule voix, mélancolique et entêtante.

Ma cote: 4/10

Mon avis:

« Un manoir en Cornouailles » est le premier roman signé Eve CHASE. Cette plume, selon des sources généralement bien informées, n’en serait cependant pas à son coup d’essai. L’auteure, sous un autre nom, aurait déjà été publiée.    Il est donc tentant de ne pas souscrire aux bémols habituels qui accompagnent mes billets de premières publications. En effet, j’ai eu quelques difficultés à attendre la 200ème page pour me sentir, un peu, accroché par le récit et ses personnages.  De manière positive, j’ai donc laissé à l’auteure les 125 pages restantes pour me séduire… Heu, pas vraiment !

Qu’est-ce qui m’a empêché de rentrer dans l’histoire et de m’intéresser à ses personnages ?  Tout d’abord, le procédé littéraire des récits parallèles.  Classique, cette écriture désigne une structuration de l’histoire par laquelle l’auteur conte deux récits dont, par exemple, les personnages centraux et les époques sont différents mais qui restent unis par la topologie du lieu narratif.  Forcément, et la note de l’éditeur en 4e de couverture ne manquera pas de m’y emmener, ces récits parallèles vont se croiser et trouver d’autres similitudes que simplement le lieu. Aucune surprise donc !

A mes yeux, ce procédé engendre une dispersion de l’attention du lecteur et l’oblige à un effort de recentrage permanent lorsque, quittant la famille de Toby, Amber, leur papa veuf, leur fratrie et l’immanquable abominable belle-mère Caroline, il lui faut sauter à pieds joints dans le projet de mariage de Lorna et Jon et la recherche éperdue d’une salle où le célébrer… « Mais, bon sang, mais c’est bien sûr, au manoir en Cornouailles ! » … Comment avez-vous deviné ?

Pourtant, e le concède, l’histoire se tient. D’autant que Eve CHASE utilise toutes les ficelles d’écriture pour imposer à ses personnages les questions qui nécessiteront une clarification des pensées, donc une synthèse dans laquelle le lecteur puisera tous les rappels d’épisode nécessaires pour suivre le fil du récit ou disposer des informations manquantes pour trouver ce dernier crédible… Les ficelles sont efficaces, lourdes mais la trame du récit bien légère. Déception.

Quant au style, il y a peu à dire, pas de lourdeurs plombantes, par d’envolées ou de pépites littéraires non plus.

La fin du roman, sans être parfaitement prévisible, n’en étonne pas pour autant.  Bref, un livre qui ne laissera que peu, trop peu de traces dans la mémoire du lecteur que je suis.

 

Citations:

A propos de l'auteure:

Eve CHASE signe ici un premier roman sous cette plume... mais certaines informations que je n'ai pu vérifier laissent entendre qu'elle aurait déjà publier sous un autre nom.  Mystère. Affaire à suivre...

Les références:

ISBN : 2841119602 
Éditeur : EDITIONS NIL (03/05/2018)

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Le jeune homme sous l'acacia

 

9782258144781

Ce qu'en dit l'éditeur:

Tout commence dans un hameau au cœur des marais charentais au sein d'une famille d'agriculteurs aisés. La naissance tardive du benjamin, Michel, d'une beauté d'archange, va briser l'apparente harmonie des choses, des lieux, des êtres...
Loin, loin du hameau.
Loin.
Là où il naîtrait à part entière.
Cet enfant si beau, si singulier, a semé le trouble dans cette famille de propriétaires terriens. Le malheur d'être né trop tard.... Pendant son enfance, Michel, baptisé " Bel Ange " par Tante Didine, ne connaîtra l'affection, la douceur, la poésie des choses qu'auprès d'elle ; et le bonheur à l'ombre d'un acacia où il s'adonne à sa passion du dessin. Plus tard, il rompt avec le hameau pour suivre ses études près de La Rochelle. Un " nouveau monde ". Là, il habite chez Rose, une vieille dame adorable, éprouvée par la vie, malmenée par son entourage. Comme Didine... Alors Bel Ange, par son esprit rebelle, son inclination pour les plus fragiles, son insolente jeunesse, va bousculer l'ordre des choses. Et faire souffler un vent de liberté dans l'existence de celle qui est devenue sa protégée...

Ma cote: 8/10

Mon avis:

Avec le « Le jeune homme sous l’acacia », publié aux Presses de la Cité dans la collection Terres de France, Hortense DUFOUR signe un roman social autant qu’un roman d’amour construit sur un désamour mortifère.

Le personnage central est-il vraiment ce jeune homme sous l’acacia, ce Michel dit Bel Ange ? Probablement… mais sa tante Ludivine, le Père Thomas, son géniteur ou Rose, sa logeuse ont aussi chacun un rôle déterminant dans la construction ambivalente de ce jeune enfant, gamin, adolescent, adulte en devenir ? A cause de qui et grâce à qui pourra-t-il peut-être un jour, tel Pégase, s’envoler vers un ailleurs ?

Le point d’appui du roman pourrait être le Temps.  Ce temps nécessaire pour advenir !  Ce Temps qui, en maître, prend son temps pour permettre aux besogneux de gagner leurs terres sur le marais, de monter leurs chaumières, leurs bâtisses, leur domaine agricole. Et puis, ce même Temps, sans état d’âme, qui leur fera tout perdre sous le temps des envahisseurs, des maîtres et seigneurs, des bourrasques et tempêtes de la météo ou de la vie. Temps destructeur auquel la ruralité ne peut que se plier et attendre, avec force, rage et courage le temps fécond où elle pourra à nouveau ne courber que le dos pour cultiver la terre et progressivement élever le hameau et la position sociale occupée en son sein. Hortense DUFOUR excelle à faire vivre les faits et gestes des habitants du Hameau, les croyances et dictons de cette population agricole, leurs paroles et, plus encore, leurs silences.

Un autre ancrage est celui de la qualité des liens familiaux. Parentalité et filiation, assurées ou non, qui engendreront l’amour, la reconnaissance, l’épanouissement ou le désamour, le rejet, l’abandon, et la fuite. « Le jeune homme sous l’acacia », buvard sensible, s’imprégnera de toutes les forces de sa Tata Didine-Divine et de la négation absolue offerte par ses géniteurs. Là aussi, l’auteure sait comment conter les paroles, les regards, les pensées mêmes qui tuent ou qui sauvent.

Et puis, pour assurer la stabilité de l’ensemble, il y aura le dessin, le coup de crayon de Bel Ange qui croquera chaque personnage rencontré, chaque trait de caractère, chaque pensée limpide ou sournoise. Didine-divine sera fleur, douceur, amour et don total. Rose trouvera sa place auprès d’elle. Mais, à côté de celles dont il a reconnu la bonté et le besoin d’être libérées des entraves de l’existence, c’est sans complaisance aucune qu’il croquera ses géniteurs, sa famille et tous les parasites qui gravitent autour de lui et obscurcissent l’existence. Ces hommes, ces femmes aux sentiments mesquins, sournois, assoiffés de pouvoir, trempés de fourberies, il leur donnera vie à travers ses albums de bestiaires.  Autant de regards vitriolés de sa part sur l’étroitesse humaine. Une fois encore, Hortense DUFOUR maîtrise avec brio la description de ces croquis et des sentiments qu’ils traduisent.

Mais la question reste posée : Dans sa manière de vivre, de dessiner, de parler ou de se taire, d’aller à la rencontre de l’autre ou de fuir, Bel Ange est-il lucide sur l’âme humaine ou assoiffé de vengeance ? Toute l’ambivalence de son personnage est là. Avec lui, sans doute, le lecteur se demandera jusqu’où il est possible de pardonner, d’aimer.

 

L’agréable lecture de ce roman riche en réflexions, je la dois à l’organisation du Challenge NetGalley, France et à la complicité des éditions Presses de la cité. Merci à eux !  

Citations:

 

A propos de l'auteur:  [Source: https://www.laprocure.com/biographies/Dufour-Hortense ]

Hortense Dufour est née à Marennes en Charente Maritime où son père était magistrat et a suivi sa famille aux Comores et à Madagascar où il a ensuite été nommé. D'où ce goût de la mer, des îles, de l'aventure qui ne l'a jamais quittée. Elle dévore les livres depuis l'enfance, et sans surprise met en tête de ses auteurs préférés Pierre Loti né tout près de Marennes à Rochefort et possédé par la passion de la mer, suivi par Colette la femme libre. Après le bac, elle se lance dans une licence de lettres modernes à la Sorbonne puis travaille dans les services administratifs de l'université avant de décider d'écrire. Trois romans d'abord, La femme buissonnièreLa dernière femme de Barbe-Bleue et La Marie-MarraineGrand prix des lectrices de Elle qui lui apporte la notoriété avant d'être adapté au cinéma. Elle situe plusieurs romans dans son pays natal, Le bouchotprix de l'Académie de SaintongeLa fille du saunierMédaille ChardonneLe bois des abeillesprix des mouettes de Charente Maritime. Elle tient à alterner le monde de l'imaginaire et celui de la biographie. Elle choisit dans l'histoire ou la littérature de préférence des personnages de femmes libres, Cléopâtre la fataleJeanne d'Arc la chanson et la gesteMargot la reine rebelleMarie StuartMarie Antoinette la mal aiméeSissi. Les forces du destin et parmi les écrivains, George Sand la somnambuleColette la vagabonde et La comtesse de Ségur. Elle a appartenu au comité de lecture des éditions Laffont et écrit nombre d'articles pour Bayard Presse.

Dans sa bibliographie, deux romans que je souhaite lire: Port-des-vents (Presses de laa Cité, mai2017): Dans le village charentais de pêcheurs de Port-des-Vents, les hommes de la famille étant morts, Adèle vit entourée de femmes. Elena a pris de la distance avec elles mais revient tous les étés dans cette famille qui garde le souvenir de la passion vécue par Adrienne. ©Electre 2018

et Ces jours heureux, (Flamarrion, 2014): Ange et Julia sont des jumeaux nés pendant le bombardement de Royan en 1944. Leur mère, Louise, n'a pas de mari et la honte accompagne la naissance de ses enfants. Or, cette dernière ne peut plus supporter le poids du secret qu'elle garde et se consacre entièrement à Ange. Mais l'enfant n'aime que le mal. ©Electre 2018

 

Les références:

Le jeune homme sous l'acacia

ISBN : 2258144787 
Éditeur : LES PRESSES DE LA CITE (03/05/2018)

 

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